Par un beau lundi
d'été, le 7 juillet 1969, venait au monde la petite
dernière des sept perles de Gabrielle L'Abbé et
Jean-Roch Simard. Une jolie petite pouponne blonde aux yeux bleus
que l'on prénomma Nathalie.
Nathalie grandit
au sein d'une famille où la chanson avait une place d'honneur,
car son père Jean-Roch était maître de chorale
dans l'église de la paroisse Ste-Pétronille, là où résidait
la famille, à l'Île d'Orléans.
Alors
qu'elle était encore toute petite, arriva chez les Simard
un monsieur portant un gros manteau de fourrure qui impressionnait
énormément la famille ainsi que la bambine. Il
venait proposer ses services en tant qu'impresario pour s'occuper
de la carrière de son frère René qu'il avait
découvert quand celui-ci chanta à son mariage quelques
semaines auparavant. La famille Simard était dans une
situation financière précaire et cette offre leur
parut comme un cadeau du ciel qu'ils ne purent refuser. Dès
lors, le monsieur au manteau de fourrure emmena le frère
de Nathalie de plus en plus souvent et longtemps loin de la maison
familiale pour faire carrière dans le « monde du
Show-business ».
C'est
en 1972 que Nathalie fit sa première apparition publique
dans des publicités pour les Petits pouding Laura Secors,
au côté de son frère René et aussi
lors du tournage du film Un enfant comme les autres. Ce
film relatait la découverte du grand talent de René.
Nathalie avait à peine 2 ans, mais déjà,
son minois et son sourire étaient communicatifs. Elle
participa également à l'enregistrement du 4e 33
tours de son frère René avec toute sa famille dont
le titre est Le temps des fêtes chez la famille Simard
à l'Île d'Orléans. Suite au passage dans
leur vie de ce « Père Noël impresario »,
non seulement le frère de Nathalie devint célèbre
grâce à sa voix exceptionnelle, mais la famille
due s'accommoder du nouvel engouement dont elle était
devenue l'objet aux yeux du grand public.
  En effet, des
autobus remplis de curieux arrivaient devant leur maison et plusieurs
d'entre eux ne se gênaient pas pour aller espionner dans
les fenêtres de la maison de la famille Simard, prendre
des photos à leurs insu, ramener des cailloux de leur
terrain en guise de souvenirs et j'en passe. Bref, de quoi faire
perdre aux parents, tout contrôle d'une vie familiale qui
normalement se voulait intime et surtout privée. Étant,
à l'époque, sous l'emprise de l'alcool, le père
ne sus comment réagir adéquatement à tous
ces bouleversements et fut même, quelques années
plus tard, chassé de la maison par René sous la
forte pression exercée par son impresario, un homme riche
et influent, qui claironnait sans gêne que le père
Simard était une mauvaise influence pour ses enfants.
Nathalie n'avait alors que 4 ans.
La
petite Nathalie en fut marquée et fut très vite
craintive à l'idée d'être à son tour
emportée dans le tourbillon de la célébrité
et de tous ces revers, risquant de la séparer elle aussi
des siens. À tel point, que lorsque le « manteau
de fourrure » arrivait, elle courait se cacher dans la
garde-robe espérant qu'il ne pense pas à lui demander
à elle aussi de chanter. Elle grandit ainsi ayant aussi
toujours un peu peur de se faire enlever par des méchants
qui demanderaient une rançon en échange de sa libération.
Bref, la célébrité par « association
» n'est pas que rose tous les jours pour une petite fille
qui ne l'a jamais demandée et qui, disons-le, l'a subi
à son insu, presque depuis le berceau.
La vie
suit son cours et en 1979, c'est l'année internationale
de l'enfant. René devait enregistrer une chanson spécialement
pour la campagne de financement de l'UNICEF. En 78, l'impresario
avait acquis les droits sur une chanson du groupe Abba «
Chiquitita » et la fit adapter en français pour
la faire interpréter par René, mais il lui fallait
un partenaire pour le faire. Qui donc choisir ?
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